Né en 1624 en Charente, Jean-Baptiste La Quintinie, après des études de droit, est reçu à Paris comme avocat à la Cour du Parlement, et maître des requêtes de la reine. Jean Tambonneau, président de la Cour des comptes, le remarque, et lui confie l'éducation de son fils. La Quintinie part alors pour un voyage en Italie, dont les jardins servent de référence en France à cette époque encore, afin de familiariser son élève avec les arts. Sa passion pour les jardins se révèle alors et il décide de se consacrer à cet art du jardinage et de la culture.
Féru d'auteurs anciens comme Pline et Columelle, il se met aussi au fait des théories contemporaines et s'exerce à leur pratique dans le jardin que lui confie M. Tambonneau à Paris. Sa renommée le fait bientôt appeler par les grands de l'époque : il crée des jardins potagers et fruitiers à Sceaux, Rambouillet, Vaux-le-Vicomte. Il fait partie de l'équipe de créateurs que Louis XIV débauche, lorsqu'il disgrâcie Nicolas Fouquet. Il reçoit alors la direction de l'ancien potager de Louis XIII à Versailles.
En 1670, il est fait directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, charge créée pour lui. Tout en continuant à veiller sur ses anciennes créations, il est responsable des jardins royaux, des arbres de la nouvelle orangerie construite par Mansart. En 1678, il entreprend la création d'un nouveau potager, l'actuel Potager du roi, qui le rend plus célèbre encore.
Craignant d'être mal imité, La Quintinie rédige lInstruction pour les jardins fruitiers et potagers, publiée par son fils à titre posthume en 1690. Il y livre l'essentiel de ses expériences et découvertes dans le domaine des primeurs, mais aussi de la taille des fruitiers. Il est le premier à avoir mis en évidence le rôle de la sève dans la croissance et la fructification des arbres fruitiers, ainsi que le système racinaire des arbres, et les précautions à prendre lors de leur transplantation. Devant tant de services rendus, il est anobli en 1687 par Louis XIV. Il meurt le 11 novembre 1688.