n° 28 - Le musical

 
 

Octobre 2015

Le paysage n'est pas visible seulement, il est audible aussi, sillonné de sonorités multiples, dans lesquelles l'oreille peut saisir des lignes, des formes, des dynamiques. La sonorité d'un paysage déploie en lui des spatialités auxquelles le regard n'a pas accès facilement.

Dire qu'il y a une musicalité à l'œuvre dans les paysages, ou qu'il y a quelque chose comme une "paysageté" au cœur même de la musique, c'est chercher à se placer à leur foyer commun : soit que la composition musicale prolonge en les transformant les sonorités provenant d'un paysage naturel ou humain, soit que la composition musicale elle-même cherche à déployer en son espace propre un paysage sui generis.

Il n'y a pas de paradoxe à envisager le monde - le paysage - comme "une vaste composition musicale" dont nous serions, en partie seulement, les auteurs. Il y aurait même une sorte de prédisposition de l'espace à la musique. Sans qu'il y ait nécessairement d'intentionnalité, l'espace du paysage semble parfois se chanter lui-même.
 
 
 
 
carnets du paysage n° 28 - le musical