Thèmes de recherche

 
 
  • Observatoire des paysages de l'énergie

Les atlas de paysage constituent des documents qui définissent et qualifient les unités paysagères, au regard de ce qui les constitue physiquement et culturellement.

De fait, les atlas rendent assez peu compte de cette dimension « énergétique » de l'espace, qu'elle soit liée à ses dimensions physiques, symboliques ou culturelles. À partir d'études et de recherches, il s'agit de tester la faisabilité d'un observatoire des paysages de l'énergie. La question posée concerne la capacité à qualifier les paysages au regard de leur contribution, passée, présente ou potentielle, à la production ou à la consommation d'énergie.

  • Produire des paysages économes

Il existe tout un courant du paysagisme contemporain (notamment en France) qui essaie de concevoir le projet (à petite échelle ou à grande échelle) dans un jeu de sobriété forte, l'économie de moyens - tant dans la conduite du projet que dans sa gestion à long terme - coïncidant avec la notion de faible empreinte énergétique. Le travail porte d'une part sur une amélioration des connaissances historiques, évaluatives et critiques issues des différents projets réalisés. Il vise également à développer parallèlement des espaces d'expérience nouveaux, notamment à la faveur des réflexions sur les TEPOS / TEPCV.

  • Paysage et médiation énergétique

La démarche de projet de paysage est souvent mobilisée comme « médiateur » dans le projet territorial. Parce qu'elle donne à voir, parce qu'elle oblige à un aller-retour entre les échelles et parce qu'elle croise les champs sectoriels de l'aménagement, elle joue un rôle dans la recherche de solutions liées à des transformations du territoire. Le projet de paysage permet de rendre visible et lisible les enjeux de la transition énergétique dans l'espace et dans le temps, et donc de donner matière à débat. Dans la perspective d'instrumenter les démarches de créations d'espaces de qualité, il permet de confronter l'enjeu énergétique à d'autres enjeux spatiaux (biodiversité, risque...). Cet axe de recherche consiste à examiner les ressorts, les avancées des démarches contemporaines, et d'initier des expérimentations en la matière.

 
 
 
 

Séminaire : le projet spatial à l'ère du métabolisme urbain

« Quel lien existe-t-il entre les couches paysagères des villes et le métabolisme urbain ? » questionne Roberta Pistoni, présentant son travail de mémoire de master 'Théories et démarches de projet de paysage' (TDPP). Ce Mercredi 14 octobre, l'ENSP accueillait le séminaire de recherche international traitant des corrélations entre projet spatial et métabolisme urbain. Organisé et animé par le Laboratoire de recherche en paysage (larep), la Chaire Paysage et Energie présidait la séance.

L'intervention introductive de Roberta Pistoni amène les participants du séminaire aux Pays-Bas, où elle a choisi ses cas d'étude. Les Pays-Bas ont créé un cadre politique pour l'adaptation, très intégré dans leur politique sectorielle, essentiellement par l'aménagement du territoire (cf notamment La publication du rapport sur le programme national d'adaptation au changement climatique en 2011) . Les Pays-Bas se sont promis de diminuer de 50 % par rapport à 2009 leurs émissions de GES à horizon 2050. De façon cohérente, les deux métropoles d'Amsterdam et de Rotterdam ont engagé des réflexions d'aménagement durable de la ville depuis de nombreuses années, produisant des traductions spatiales différentes ; l'analyse de terrain de Roberta Pistoni porte sur celles-ci. Les résultats de cette étude concernent l'intégration de l'approche technique et paysagère du métabolisme urbain : elle est possible à l'échelle métropolitaine et du quartier. Malgré les discrètes représentations des chercheurs en métabolisme urbain et les travaux pluridisciplinaires sur l'application territoriale de cet objet, le métabolisme urbain ici étudié ne permet cependant pas de caractériser des paysages-types identifiables.

L'invité à l'honneur du séminaire est Sven Stremke, paysagiste et professeur à l'Université de Wageningen. Membre de la Chaire Paysage de Wageningen, il est directeur fondateur de NRGlab, laboratoire pour la transition énergétique, au sein de cette même université. Enfin, Sven Stremke est membre de l'Institut d'Amsterdam pour les solutions métropolitaines. Il a encadré le stage de Roberta Pistoni effectué dans le cadre de son travail de master.

Les paysages énergétiques constituent un nouvel objet de recherche : la plupart des publications internationales datent d'après 2010. Elles portent tout d'abord sur l'évolution des paysages dits énergétiques, soit concomitante à celle de l'économie énergétique en place. Ainsi, se succèdent les temps des paysages de l'énergie organique (bois, tourbe,...), ceux de l'énergie minérale (charbon, pétrole,...), ceux de l'électricité (énergie nucléaire), et ceux émergents, de l'énergie durable (énergie éolienne, solaire,...).

La qualification des paysages de l'énergie est un vaste sujet de recherche également. Selon Sven Stremke, les paysages des énergies renouvelables ne sont pas forcément durables ; en confère le barrage des Trois-Gorges en Chine, dont l'impact socio-environnemental est considérable. Au contraire, les paysages de l'énergie durable promettent une intégration des critères du développement durable (social, économique et environnemental), traduits dans les dimensions suivantes : technique durable, environnement, socio-culturel et économique.

Sven Stremke finit son exposé sur les prospectives autour des paysages de l'énergie à haute densité. Certains pays contraints par des densités de population fortes (comme en Europe du Nord) envisagent des concentrations de bâti, d'usages, et donc énergétiques importantes en créant des paysages de l'énergie dense sur peu de surface. D'autres territoires fabriquent des champs de panneaux photovoltaïques, alimentant en énergie également les précédents pays. Peut-on continuer à penser l'énergie uniquement comme flux sans considération sur le contexte des filières énergétiques ? Une alternative serait de réinventer les relations entre urbains et ruraux afin de favoriser l'émergence d'une meilleure et plus compacte filière de l'énergie, produisant des paysages énergétiques à haute densité. En ce sens, les recherches menées au sein de l'NRGlab procèdent à des diagnostics socio-territoriaux pour accompagner la transition énergétique des territoires néerlandais suivant leurs potentiels de production énergétique mais aussi de volonté politique. Selon Sven Stremke, « la transition énergétique doit se réaliser à l'échelle locale et régionale afin de développer des paysages de l'énergie durable. »

Roberta Pistoni commence une thèse, co-financée par la Chaire Paysage et Energie, sous la direction de Patrick Moquay et de Sven Stremke. Le thème,  « Spatial and landscape configuration of urban metabolism approach in relation to the energy transition », est dans la continuité du mémoire de master et des intérêts de recherche du laboratoire NRGlab de l'université de Wageningen, ainsi que ceux du Larep de l'ENSP. Cette première pierre encourage les échanges internationaux sur les liens  entre Paysages et Énergie, avec l'appui de la Chaire du même nom.