Un Workshop de l’après-pétrole à la Cité des Paysages

 
 

17-18 mars 2016



Morgane Braouezec et Alice Stevens, en 4e année de formation de paysagiste DPLG, et Nathalie Mandaron et Vincent de Lapomarède, en CESP, ont participé à la première édition des 24h du Collectif Paysages de l'Après-Pétrole (Collectif PAP) et en lien avec la Chaire Paysages et Énergie le 17 et 18 mars 2016 à la Cité des Paysages (Meurthe-et-Moselle). Ce workshop propose de travailler en pluridisciplinarité sur un territoire et un contexte d'intervention précis. A l'honneur ces jours-ci, le Pays du Saintois et la proposition d'exposer une alternative à l'exploration (factice) de gaz de schistes à proximité.

Le décor est posé : le pétrole venant à manquer, la fracturation hydraulique est envisagée au pied de la Colline de Sion où trône la Cité des Paysages. Des interviews et rencontres ont lieu sous la houlette de Régis Crisnaire, chargé du développement culturel de la Cité des Paysages, de Marc Verdier, enseignant d'architecture à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Nancy et de Matthias Prévost, Zeppelin Collectif ; ces témoignages complètent les relevés de terrain des étudiants. L'objectif final est de présenter une scénette à l'occasion de laquelle paysagistes et architectes dépeignent un autre futur pour le Saintois.

C'est l'heure du rendu... Nous voici donc en 2050 et le fils de Donald Trump, présidentiable, rencontre les acteurs locaux de Saxon-Sion, très engagés dans l'ère de l'après-pétrole qui sculpte le paysage. Les initiatives fusent, en lien avec l'histoire, les vécus des anciens, alors jeunes en 2016 : les plaines anciennement céréalières sont réinvesties en partie par l'élevage, les prairies sont conduites en agroforesterie et des mirabelliers s'alignent fièrement le long des routes sur les dessins. Les interventions théâtrales des étudiants sont celles des acteurs possibles de cette ère d'énergies renouvelables, où l'éolien, le solaire et la méthanisation couvrent le territoire, avec des infrastructures efficaces de plus petites dimensions que les standards des années 2010. On repense les liens sociaux et les usages urbains mixtes en abords des cours d'eau lorrains. Les modes d'habiter sont revisités ; depuis quelques temps, les maisons de centre bourgs sont devenus des lieux de vie intergénérationnels. Les ânes bâtés portent des panneaux solaires... image de sobriété et de confort moins impactant qu'il y a 30 ans ?

Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, salue la prouesse de s'approprier les enjeux du territoire et de proposer, avec humour, une lecture avenante du territoire à énergie positive. Les productions des étudiants de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Nancy et ceux de l'Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles ont relevé le défi. L'assemblée générale du collectif PAP est l'occasion une fois par an d'accueillir ce workshop, mais également de proposer des animations grand public et des discussions professionnelles sur les paysages de demain, pensés sous le prisme de la transition énergétique.