Opérations cartographiques

 
 

Sous la direction de Jean-Marc Besse et Gilles A. Tiberghien
Mars 2017, 346 pages


Nous n'avons jamais été, autant qu'aujourd'hui, entourés de cartes et de cartographies de toutes natures et de toutes formes. Sur nos téléphones, nos tablettes, nos écrans d'ordinateurs, dans nos automobiles, nous localisons des informations de toutes sortes et nous « naviguons » de lieux en lieux.
Cette visualisation généralisée de nos déplacements va aussi de pair avec le sentiment que les cartes telles que nous les connaissions autrefois sont en train de disparaître, remplacées par des géolocalisations satellitaires qui nous situent très immédiatement dans les espaces où nous voulons nous rendre en faisant l'économie d'un certain apprentissage de la carte nécessaire pour pouvoir la lire.
Les cartes interviennent également dans des activités d'expertise, dans des investigations scientifiques et des projets techniques. Elles recueillent et produisent de la connaissance sur l'espace. Elles sont des instruments d'analyse et de synthèse. Ingénieurs, écologues, économistes, urbanistes, paysagistes, entre autres, et de façon générale les métiers qui sont liés à l'aménagement mobilisent constamment la cartographie pour visualiser les espaces dans lesquels il est considéré comme nécessaire d'intervenir.
La cartographie est devenue également un enjeu central pour les pratiques participatives concernant les lieux de vie aux différents échelons de la vie sociale. Les mouvements de cartographies alternatives, ou radicales, ne font en un certain sens que souligner l'importance des enjeux collectifs liés à l'élaboration et à la circulation des cartes dans la société. Aujourd'hui elles sont partout dans nos vies.
Les artistes eux-mêmes se sont emparés de la cartographie. Dans la littérature, les arts visuels, le cinéma, la vidéo, la cartographie est devenue un médium privilégié d'un grand nombre de propositions plastiques et a été perçue comme un puissant outil favorisant l'imaginaire ou permettant d'analyser les développements de divers champs du savoir.
Il y a donc une vitalité de la cartographie, une vitalité qui en tant que telle fait sens, et qui conduit à s'interroger sur les enjeux réels que nos sociétés contemporains ont placés dans les questions liées à la représentation de l'espace, et notamment à la représentation cartographique.
Le projet de cet ouvrage est d'interroger la cartographie comme ensemble d'activités, système d'actions et dispositif d'opérations intellectuelles et pratiques. Le livre donne toute sa part à l'iconographie, acteur à part entière du développement du propos.


Le livre est divisé en 5 parties :

Dimensions - Il s'agit de s'interroger sur la taille des objets cartographiques. Comment représenter la grandeur du monde dans ses différentes dimensions ? Comment "miniaturiser" le monde terrestre ? Jusqu'où peut-on aller ?
Corps - L'objectif est d'explorer le rapport du corps humain aux cartes géographiques, et la manière dont le corps a pu servir de modèle pour des productions cartographiques. Comment les cartes restituent, ou non, l'expérience géographique du corps humain, et notamment de ses déplacements ?
Matérialités - Les cartes sont des objets matériels, concrets, qu'il faut ranger, plier, porter. On interroge la manière dont les artistes ont pris en compte la matérialité des cartes dans leurs œuvres. On évoque aussi les aspects de la "dématérialisation" contemporaine des cartes.
Rencontres - La cartographie entretient des relations anciennes avec la question de la domination. On met ici en valeur des situations de rencontres et d'interactions, afin de donner une image contrastée, et plus riche, du pouvoir des cartes.
Imaginaires - Les cartes sont des outils pour rêver et imaginer d'autres mondes. On explore les différentes rencontres entre la cartographie et la fiction. On pose aussi la question du faux.