Un diplôme de paysagiste DPLG avec Michel Corajoud

11 février 2013

 
 

Soutenance du travail personnel de fin d'études d'Amélie Blachot

Un film d'Amélie Blachot
Images : Mongi Hammami


Des courbes droites, soutenance du travail... par Ecole_de_paysage
 
 
 
 

Genèse d'un diplôme

Le résultat de mon diplôme n'est pas un projet avec plan orthonormé, couronné de détails dessinés avec les outils actuels (ordinateur). Le projet résidait dans la globalité. « C'est du projet tout ça ! » s'exclama Michel Corajoud, président de mon jury, lors de la discussion de mon diplôme. Mon diplôme, malgré une possible apparence d'arts plastiques, ou d'abstraction est ancré de concret, de précision par une recherche et accumulation en amont de faits tangibles, de l'histoire, de la géologie, de l'histoire de l'édification des hommes face aux forces de la nature dans la ville que j'ai choisie, la ville de Grenoble. C'est parce qu'il y a en fond du concret que j'ai pu aller vers les dessins, les arts, l'onirisme, l'écrit.

Comment, avec mon propre corps, mes dessins et mes outils que j'ai personnalisés tout au long de mes recherches, à travers un parcours sur l'ensemble du bâtiment des Suisses, j'ai réussi à emmener mon jury et les personnes présentes ce jour là à Grenoble ? Comment mon projet fut celui de révéler les éléments fondamentaux du paysage à prendre en compte pour établir tout projet de paysage ? Les fondamentaux de paysage, c'est le territoire sur lequel le site à projeter sied ; ce sont les éléments paysagers qui le composent, c'est "ce qui est là". Comment faire rentrer le territoire dans le site de projet, comment opérer un juste dialogue entre ces derniers? Comment réfléchir sur une autre représentation et présentation du projet ? Ce sont ces questions qui m'ont amenée à donner à mon diplôme, à mon projet, cette forme là.

Pour arriver à ces questions que je n'avais pas formulées ainsi au départ, je suis retournée dans la ville où je suis née, à Grenoble, là où pour moi le paysage est si fort qu'il me semblait que c'était là que je devais commencer. Un constat s'imposait pour moi : les paysages projetés actuellement à Grenoble n'étaient plus en adéquation avec les forces du territoire présentes. Michel Viollet m'a aidée à voir ces problèmes liés à la ville. De sa planéité exacerbée, les verticalités culminantes alentour, la force des torrents, questions propres à cette ville, j'en suis arrivée à me poser la question pour les autres projets, en d'autres territoires, en d'autres lieux, avec des tailles et contraintes variables.

Ainsi, je décrirai actuellement mon diplôme comme une quête dans laquelle je suis arrivée à fonder des bases, une méthodologie pour la démarche et la représentation du projet de paysage.

Mais cette méthode et cette unicité n'a pas pu se faire sans les quatre années d'études à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles, école où j'ai trouvé richesse, apprentissage et transmission du projet, où l'on m'a permis d'observer et de connaître d'innombrables paysages mais aussi les multiples manières de les voir. J'ai pu "descendre en moi", nourrie de ce que j'avais appris. Sans cette liberté, ce non "formatage", je n'aurai pas pu penser différemment mon projet. L'ensemble des membres de mon jury m'a aidé à cela, par leur différence et leur complémentarité: par la liberté que m'a donnée Bruno Tanant ; par la concrétude sur le territoire et l'histoire que m'apportait Michel Viollet ; par les questions « déplaçantes » d'Olivier Marty sur mes dessins, me permettant d'aller plus loin dans ces derniers et de les relier au site ; par les dialogues et discussions avec Esther Salmona, m'autorisant à lier les moments de vie, de rêve et de pensée et à ceux du projet ; et enfin par l'unicité et la cohésion que Michel Corajoud m'a aidé à opérer.

Ce diplôme, à l'issue des quatre années à l'école de paysage de Versailles, années précédées de cursus en géologie et en histoire de l'art, m'a permis de créer une base pour ma manière de faire, manière qui passe par mon propre dessin, en volumes, en matières, dans l'espace, avec mon corps (sujet sur le dessin développé dans un article des Carnets du Paysage sur le même thème du Dessin, parution avril 2013) ; base dont je me sers maintenant dans mon travail plus concret en agence et travail plus "aérien" que j'effectue sur la représentation du projet de paysage par le biais des arts plastiques.

Amélie Blachot

Diplômée de la formation de Paysagiste DPLG en 2011