Journée d'études du LAREP : Construire la métropole : expériences américaines

24 avril 2013

 
 

Vendredi 17 mai 2013 à Versailles

ENSP, Amphithéâtre de La Figuerie, 10h00-17h00
en partenariat avec le centre de documentation de l'ENSP

 
 
 
 

La journée d'études du Laboratoire de recherche de l'École nationale supérieure de paysage aura pour thème Construire la métropole : expériences américaines.

Cette journée d'études se propose de revisiter la réflexion sur le développement du territoire aux États-Unis, à l'échelle régionale et métropolitaine. Nous y interrogerons plus particulièrement le rôle joué par la pensée du paysage, porteuse d'aménités propres à rendre le territoire plus habitable. Nous explorerons les constructions disciplinaires et théoriques que sont la Geotechnics ou la Megalopolis. Nous nous pencherons aussi sur de grandes figures paysagistes, telles que Frederick Law Olmsted (1822-1903)ou Garrett Eckbo (1910-2000), au travers de leur parcours et de leurs œuvres. Enfin, cette manifestation s'appuie sur des acquisitions récentes du centre de documentation de l'École nationale supérieure de paysage de Versailles.  

 
 
 
 

Programme

  • 10h00 - Frédéric Pousin et Alexis Pernet
    Ouvrages de référence sur la ville américaine

    Présentation d'acquisitions récentes du centre de documentation de l'ENSP
  • 10h30 - Alexis Pernet
    Paysagiste, chercheur associé au LAREP, enseignant à l'ENSA Clermont-Ferrand
    Un vapeur sur l'Hudson. Les itinéraires de Frederick Law Olmsted à travers la Nouvelle-Angleterre (et au-delà), 1840-1865
    Le nom d'Olmsted recèle une multitude d'identités et de trajectoires : car depuis l'association de Frederick Law Olmsted et de Calvert Vaux, c'est toute une lignée qui œuvre, à partir de 1865 sur d'innombrables projets de paysage, dont la profusion et l'ampleur possèdent au final quelque chose d'assourdissant. Cette intervention se propose de revenir au départ, sur les années de la formation intellectuelle de Frederick Law Olmsted, dont Lewis Mumford écrivait qu'il avait reçu « la meilleure éducation américaine possible » ("American education at its best"). Ce parcours, ces itinéraires s'effectuent dans le contexte de la Nouvelle-Angleterre du milieu du XIXe siècle, et au-delà, sur d'autres frontières géographiques et thématiques. Cette éducation s'effectue en dehors de toute transmission d'un métier, celui-ci restant à inventer : les chemins qui se croisent dans ce processus ont donc quelque chose à nous apprendre, aujourd'hui, sur les ressorts de pratiques professionnelles que nous pensons stabilisées.
  • 11h30 - Bernadette Blanchon
    Architecte et historienne du paysagisme, LAREP
    Lectures rétrospectives et prospectives de l'oeuvre d'Olmsted et Eliot à Boston
    Au delà de l'écriture naturaliste d'Olmsted, à laquelle on s'arrête trop souvent, on cherchera à montrer les étapes de l'installation de son œuvre à Boston, comment elle a pu fonctionner comme un potentiel urbain à même de se développer - notamment à travers les interventions métropolitaines d‘Eliot. Aujourd'hui, entre abandon et patrimonialisation, comment conserver les leçons de cette histoire ? Quels enseignements en tirer, pour la prise en compte de l'histoire dans le projet ? Pour l'enseignement de l'histoire aux futurs paysagistes ? Pour revisiter la question environnementale dans le projet paysagiste ?
  • 14h00 - Catherine Maumi
    Architecte, professeur à l'ENSA Grenoble, laboratoire LMHA
    Le regional planning, une question d'habitabilité
    Comment rendre la Terre plus habitable ? Tel était l'enjeu de la nouvelle discipline à la définition de laquelle Benton MacKaye œuvra pendant de longues années : la Geotechnics - ou regional planning. La geotechnics avait pour objet de traiter prioritairement, selon MacKaye, de l'habitabilité - étant entendu qu'il y avait trois sortes d'habitabilité : physique, économique, et sociale. Pour les membres de la Regional Planning Association of America, dont MacKaye fut l'un des membres fondateurs, un projet conduit en accord avec cette nouvelle science supposait d'intégrer, dans une même pensée, les données géographiques, économiques, sociologiques, culturelles, naturelles, les progrès techniques ou d'ingénierie réalisés - et à venir. Il s'agissait, par cette pensée interrogeant l'échelle du territoire, de privilégier une organisation décentralisée de la société - en de petites communautés -dans le dessein de favoriser un meilleur équilibre des régions en termes économique, social, écologique - et de lutter contre le développement des grandes métropoles américaines, et de leur économie dévastatrice. Pour MacKaye, il était désormais indispensable de se doter des moyens permettant à l'homme de recouvrer un environnement sain ; « souffle de vie. [...] l'environnement est l'ingrédient de base du vivant, comme l'air est celui de l'existence » rappelait-il.
  • 15h00 - Marielle Wastable
    Géographe, équipe E.H.GO, UMR Géographie-Cités
    Mégalopolis, du nom au concept
    Si le terme de « Mégalopolis » apparaît en 1906 sous la plume de Patrick Geddes, puis est repris aux États-Unis dans les années 1930 par Lewis Mumford, il se diffuse progressivement de chaque côté de l'Atlantique grâce au travail du géographe Jean Gottmann qui l'utilise dès 1949 pour nommer une région urbaine du Nord-Est des États-Unis qu'il a identifiée. Le mot Mégalopolis, employé comme un nom, deviendra, grâce au travail de J. Gottmann puis à celui du géographe Etienne Juillard, mégalopole, un concept opérant pour analyser l'organisation spécifique de certaines régions urbaines dans le monde.
    C'est au transfert entre urban planning et géographie, puis aux modalités d'élaboration du concept de mégalopole au moment du développement de l'aménagement du territoire en France que cette communication s'intéressera.
  • 16h00 - Frédéric Pousin
    Architecte, directeur du LAREP
    Garrett Eckbo et le Suburban Planning californien
    Après 1945, l'urbanisation et la construction connaissent une croissance très rapide en Californie et les projets de type spéculatif n'ont aucune considération pour le paysage ni pour la sociabilité. Pour encadrer l'urbanisation débridée, la planification régionale connaît un renouveau, tout particulièrement dans la région de San Francisco.
    Des programmes d'équipements et d'aménagement des espaces libres cherchent à faire contrepoids à l'étalement urbain. L'agence Eckbo, Royston et Williams est très fortement investie dans ce type de programmes et réalise plusieurs plans d'aménagement d'échelle régionale. Nous interrogerons les notions de parc et de voisinage qui nourrissent ces projets et empruntent à une longue tradition : celle de la landscape architecture pour le parc, celle de la planification et de la sociologie urbaine des années 1910 et 1920 pour le voisinage. Nous analyserons comment les paysagistes de la Bay Area abordent ces questions de manière pragmatique à travers les formes paysagères mises en oeuvre et comment celles-ci ont été théorisées dans des écrits qui deviendront des classiques de la littérature de paysage.
 
 
 
 

Contact

Mme Marie-Madeleine  Ozdoba

Assistante de recherche
Tél.
01 39 24 62 05
 
 
 
 
Affiche construire la métropole