Carnet de bord du Potager du Roi - mercredi 1er juin

01 juin 2022

 
 

Par Antoine Jacobsohn, adjoint à la Directrice, en charge du Potager du Roi

À voir et travaux en cours

Ces 30 derniers jours, nous avons eu trois fois moins de pluie que l'année dernière, sur la même période et à la même époque (18 mm en 2022 contre 60 mm en 2021). Sur les 5 derniers mois, l'écart est toutefois moindre, avec 2 fois moins de pluie (160 mm en 2022 contre 270 mm en 2021). Les 11 millimètres tombés entre le 20 et le 23 mai 2022 sont arrivés sur une terre sèche et chaude, et par conséquent les plantes ont crû à toute vitesse.
 
 
 
 
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Les pommes de terre du Grand Carré après la pluie de mi-mai. Photo : Antoine Jacobsohn
 
 
 
 

À voir

Les artichauts fleurissent et sont cueillis avant que la fleur ne s'ouvre.

Le feuillage des pommes de terre se développe. Plus tard, il consommera l'énergie stockée dans les tubercules.

Les petits pois à rame profitent du temps frais pour grimper et du soleil pour se sucrer.

Les rosiers parfument le jardin (surtout le rosier Sénégal).

La rhubarbe n'est pas jolie à voir mais va bientôt se requinquer. Les pétioles ont été récemment récoltés pour être transformés en nectar... qui sera rapidement mis en vente à la boutique de l'école et, le week-end, à la buvette.

 
 
 
 
 
 
 
 

Photos : Antoine Jacobsohn

Si vous cherchez bien, vous trouverez ici ou là deux de nos orchidées spontanées :
• l'orchis bouc (Himantoglossum hircinum) ;
• l'orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis).

Enfin, trois espaces particuliers sont à ne pas manquer car ils accueillent la deuxième édition de la Biennale d'architecture et de paysage de la Région Île-de-France jusqu'au 13 juillet seulement.

 
 
 
 

L’exposition « Projet(s) terre(s) »

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Photo : Didier Plowy

L’exposition Projet(s) terre(s), à l’étage du bâtiment de La Figuerie, peut servir d’introduction à l’École nationale supérieure de paysage, à sa pédagogie, ainsi qu’à la gestion de son site historique.

La thématique du sol traverse les différents enseignements et ateliers de l’école, où les étudiants s’appuient à la fois sur le site du Potager et sur d’autres espaces. Le visiteur pourra suivre l’histoire du Potager du Roi à travers l’interprétation des « horizons » du sol, c’est-à-dire les différents niveaux révélés par les sondages représentés dans l’exposition et la fosse pédologique située à l’extérieur, à proximité du bâtiment.

 
 
 
 

L’œuvre-jardin Le potager des Autres

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Photo : Emmanuel Gabily

Le jardin éphémère du potager des Autres est à la fois une introduction à l'exposition La Préséance du vivant, réalisée par Gilles Clément et le collectif Coloco, et une « invitation à l'œuvre ».

Si la trame du jardin a été conçue par Coloco, les cultures réalisées en son sein sont issues de lieux divers et de projets portés par une multitude d'acteurs. Vous y trouverez :

  • des variétés anciennes de céréales ;
  • des figuiers de barbarie réputés non gélifs ;
  • une démonstration de pédogénèse organique avec des champignons ; 
  • des plantations réalisées par des élèves d'écoles primaires et de lycée, à l'occasion de projets de médiation.

C'est une réalisation collective. Il est néanmoins juste de souligner le rôle particulier d'un jardinier-étudiant de l'École nationale supérieure de paysage, Alexis Goncalves. En deuxième année du Diplôme d'État de Paysagiste, il se forme en alternance chez Coloco. Alexis est à la fois une tête et des bras, un homme qui a des idées et qui les réalise. Pour cet étudiant, prendre soin de l'espace inclut le fait d'accompagner les chauffeurs des véhicules de livraison pour s'assurer qu'ils respectent bien toutes les plantations du site et pas seulement les siennes.

 
 
 
 

L’exposition « La Préséance du vivant »

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Photo : Emmanuel Gabily

L'exposition La Préséance du vivant met en scène la prise de conscience que nous vivons tous sur la même planète et que notre futur sera constitué de l'ensemble des différentes dynamiques du vivant. Comment passer d'une personne curieuse à une personne avertie, du « bon public » à un public concerné, de spectateur à acteur ? Cette exposition propose plusieurs voies pour cela :

  • la voie académique et analytique, celle des connaissances scientifiques, que vous trouverez dans la première salle, en bas à droite ;
  • la voie de l'écriture et des chantiers collectifs, des aphorismes et des positionnements professionnels dans la deuxième salle, en bas à gauche ; 
  • en haut, dans la grande salle, le propos s'élargit et intègre des pratiques d'autres professionnels du paysage ainsi que de multiples propositions qui se découvrent principalement par l'intermédiaire de livres au papier merveilleux au toucher : le visiteur traverse des chantiers et leurs différents modes de réalisation en tournant lui-même les pages d'une vingtaine de grands livres ; 
  • il est possible aussi d'occuper une quatrième salle avec des ateliers, des animations, des rencontres, des discussions impromptues, des lectures tirées du sac ; 
  • enfin, l'exposition continue à l'extérieur comme pour nous inviter à retourner au Potager. Les merveilleux dessins de plantes (avec leurs racines) de Thérèse Rautureau sont exposés le long de la coursive tandis que des représentations de systèmes racinaires couvrent les murs de la cour anglaise.
 
 
 
 

Travaux en cours

Visiter le Potager du Roi, c'est aussi visiter un lieu en perpétuel changement. Plusieurs chantiers jardiniers sont en cours, en voici une sélection de quatre.
 
 
 
 
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La terrasse La Quintinie et le panneau qui présente le projet en cours. Photos : Antoine Jacobsohn

La terrasse La Quintinie. C'est un chantier particulièrement visible. Le changement climatique et la volonté de mieux prendre en compte les qualités agronomiques du sol, l'exposition, l'âge des végétaux (en particulier les buis), ainsi que la nécessité de restaurer le mur et ses piliers, ont conduit à arracher le massif de la terrasse La Quintinie. Après une période d'amélioration de la fertilité et de la structure des sols avec un semis de prairie fleurie ou d'engrais vert, il s'agira d'évoluer vers un paysage comestible, c'est-à-dire à la fois beau et récoltable, avec la plantation de plantes aromatiques ponctuées d'arbres fruitiers. Sur le mur, des arbres fruitiers en espaliers seront à nouveau installés.

 
 
 
 
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Vue du jardin 1er des Onze et du panneau qui présente le projet en cours. Photo : Antoine Jacobsohn

Jardin 1er des Onze. Il s'agit ici de s'assurer que les jardiniers aient des espaces techniques fonctionnels, utiles pour recevoir des matériaux, les stocker et les entretenir.

Une première phase de travaux consiste à sécuriser les structures et à améliorer les circulations. Vous pouvez remarquer qu'un des murs et la voûte sous la terrasse sont étayés. Pour continuer de bien fonctionner, le grand portail en bois a besoin d'être restauré ainsi que les piliers sur lesquels il est fixé.

Une deuxième phase consistera à réaliser les aménagements qui faciliteront l'utilisation et l'entretien régulier des engins : véhicules, tondeuses, motoculteurs, etc.

Le très grand et vigoureux cornouiller mâle (Cornus mas) est l'un des plus vieux arbres du Potager du Roi. Ses fruits jaunes, les cornouilles, ressemblent visuellement à des prunes mais ont un goût plus proche des griottes. Ils sont rafraichissants crus et délicieux transformés en pâte de fruits.

 
 
 
 
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Vue du jardin 5e des Onze et du panneau qui présente le projet en cours. Photo : Antoine Jacobsohn

Jardin 5e des Onze. Les plus vieux contre-espaliers du Potager du Roi, des poiriers ‘Doyenne de Comice' en palmettes Verrier 5 branches, qui pourraient dater d'avant 1880, sont morts ou en très mauvais état. Quand cette variété a été plantée, elle était toute nouvelle !

Les maladies et ravageurs profitent de la faiblesse de ces arbres pour se développer et se propager vers les arbres immédiatement à proximité, eux-mêmes déjà en difficulté en raison de l'état du sol, qui a été trop humide à certains moments de l'année (au printemps en particulier).

Le projet est ici d'arracher une part importante des arbres du côté est de la parcelle (côté ville) et de mettre en place un système de culture qui prend en compte l'hydromorphie particulière du site car c'est l'endroit du Potager où la nappe phréatique remonte le plus haut. Entre le moment d'arrachage qui pourrait être réalisé cet automne et celui de la replantation, dans deux ou trois ans, les sols seront remis en vie par des cultures de couverts végétaux ou d'engrais vert.

 
 
 
 
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Vue du jardin Legendre et du panneau qui présente la technique de recépage des arbres fruitiers. Photo : Antoine Jacobsohn

Jardin Legendre. Il est parfois possible de rajeunir des vieux arbres fruitiers, c'est-à-dire de leur enlever des vieilles branches charpentières et de leur en faire pousser de nouvelles. C'est une forme de recépage que les jardiniers pratiquent actuellement sur plusieurs lignes de poiriers en palmette Verriers 4 branches (et deux « U simple ») du côté ouest de cette parcelle.

À terme, les arbres retrouveront leur forme d'origine. Les visiteurs peuvent déjà noter la forte reprise de la végétation sur les troncs coupés. C'est une technique qui a été utilisée de nombreuses fois au Potager du Roi, par exemple en 2011, 2017 et 2018, sur d'autres poiriers de cette même parcelle.

Les visiteurs peuvent découvrir les autres projets ainsi que des informations supplémentaires sur ceux mentionnés ici sur les différents panneaux présents dans le Potager ainsi que dans les prochains Carnets de bord du Potager.

 
 
 
 
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Vue du Grand Carré avec une classe d'élèves au pied de la statue de La Quintinie et des jardiniers au travail. Photo : Antoine Jacobsohn