Le verdier d’Europe

 
 

La faune du Potager du Roi

 
 
 
 
 
 
 
 
Photo : Isabelle Panis. Texte : Jean-Pierre Thauvin
 
 
 
 
Le Verdier d'Europe (Chloris chloris) : Moi qui vous parle, j'ai l'air un peu lourdaud mais, détrompez-vous, ce n'est qu'apparence. On m'a nommé verdier, car mon plumage, vu de loin, est dans les tons de la végétation dans laquelle j'évolue. D'un peu plus près, vous pourrez voir que j'ai des taches jaune vif sur les ailes (rémiges) et également sur ma queue fourchue au niveau externe (rectrices), sur la tête, le ventre et les flancs mais de façon moins vive. Quant à ma femelle, elle est moins gâtée par la nature. Les jeunes, n'en parlons pas, car ils ne vont pas conserver leur livrée très longtemps.

Par une journée ensoleillée de fin d'hiver, je vais m'installer au sommet d'un arbre dominant mon territoire et vais pousser la chansonnette qui n'a rien de bien harmonieux d'ailleurs, une succession de « gugugu » plusieurs fois répétés ; mais, quand vient la saison des amours, c'est assez différent : je fais entendre une suite de « tsouïï » traînants. Mon vol nuptial est qualifié de « papillonnant ». Il se caractérise par des battements d'ailes saccadés. Je m'élance en battant mollement des ailes, ma queue est déployée et je chante à plein gosier.

Le nid est dissimulé à la vue des prédateurs, car il est construit dans un buisson touffu du genre if, thuya ou chamaecyparis.

Mais avez-vous vu mon bec ? C'est celui d'un granivore typique : conique, court et très puissant. Par simple pression des mandibules, j'écrase toutes sortes de graines qui varient selon la saison. Pour élever la couvée, ce sera un mélange de graines, de larves d'insectes, d'araignées... tout ce qui est favorable pour une croissance rapide des oisillons.

Normalement les verdiers locaux sont sédentaires mais des individus viennent du nord pour passer la mauvaise saison chez nous ou plus au sud de la France. Il n'est pas rare d'observer en fin d'hiver des bandes de verdiers qui remontent vers leurs sites septentrionaux.