CPIER Vallée de la Seine

 
 


CPIER3
 
 
 
 

Vers un réseau d’acteurs du paysage pour le développement de la Vallée de la Seine

Aujourd'hui, la Vallée de la Seine constitue un espace stratégique dont l'intérêt englobe plusieurs échelles, emboitées du global au local. Selon son appellation « d'Axe Seine », elle est considérée comme un corridor logistique permettant de relier Paris au Havre, point maritime de la capitale. Au-delà de cette fonction, elle constitue un espace de vie, une mosaïque de régions naturelles et un vaste ensemble culturel, aucune de ces dimensions ne pouvant s'appréhender à l'exclusion des autres. Partant de ces dynamiques, l'État et les Régions Normandie et Île-de-France se mobilisent pour explorer des formes de projet de paysage permettant de développer et de renforcer les liens entre les qualités paysagères "monumentales" de la Vallée de la Seine et ceux qui la pratiquent au quotidien.

Le Contrat de plan interrégional État-Régions (CPIER VdS) a été mis en place en 2015 pour donner un caractère opérationnel au schéma stratégique de la Vallée de la Seine à l'horizon 2030. Dans son volet « Aménagement du territoire », il donne une chance au paysage et confie à l'ENSP l'animation de la fiche "Connaissances et évolutions des paysages". Elle a pour vocation d'étudier et d'orienter le développement du territoire Seine. Dans cette optique, l'ENSP de Versailles s'engage dans la construction et l'animation d'un "réseau paysage", autrement dit d'un cluster d'acteurs travaillant à l'aménagement du territoire et du paysage, dans le but de favoriser la co-construction de projets valorisant le cadre de vie et l'environnement des espaces de la Baie et de la Vallée de la Seine.

En parallèle des grands projets de conception gravitant autour de la métropole parisienne1, l'accent est mis sur le développement et l'accompagnement de compétences en matière de paysage sur le périmètre défini par le CPIER Vallée de la Seine. Au-delà des acteurs institutionnels et des professionnels des neuf départements concernés, de la Manche à Paris, il s'agit de renforcer le partage d'expériences, la transdisciplinarité et l'innovation dans le portage de projets qui révèlent et renforcent la valeur des paysages compris entre la métropole parisienne, l'Axe Seine et la façade maritime normande.

Pour l'ENSP et son laboratoire de recherche, ce travail est un programme à caractère exploratoire, intégrant en parallèle un calendrier d'actions sur le terrain, d'animation du réseau et de pédagogie au travers d'opérations menées avec des étudiants. Il s'inscrit dans le cadre d'une réflexion générale sur la relation entre recherche, pédagogie du projet et action publique, en ciblant plus particulièrement la construction d'un réseau d'ingénierie paysagère comme outil d'impulsion et d'animation de politiques locales de paysage.


État d'avancement du programme : le CPIER est effectif sur 2015-2020. De manière concrète, l'ENSP élabore un plan de travail pluriannuel sur 5 ans composé d'événements fédérateurs afin d'organiser l'action collective et d'établir les fondements du "réseau Paysage" émergent pour l'accompagner vers la construction des paysages de demain. Pour cela, plusieurs dispositifs ont déjà été mis en place et testés sur le terrain.

______________________________
1 comme Dessine-moi le Grand Paris, (Conseil Régional d'Île-de-France), Réinventer la Seine (Villes de Paris, Rouen et Le Havre), Paysage des Hub/Gares du Grand Paris Express (DRIEA-IF).

 
 
 
 
Partenaires financiers : L'État représenté par la Délégation interministérielle au développement de la Vallée de la Seine (DIDVS), la Région Normandie, la Région Île-de-France, et un appui technique de la part de la DREAL Normandie, de la DRIEA Service Aménagement de l'Île-de-France, et de la DRIEE Service nature, paysages et ressources.

Partenaires du projet :
Pour réaliser cette mission, l'ENSP a choisi de collaborer spécifiquement avec l'Agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'Estuaire de la Seine.
 
 
 
 

Les actions menées

 
 
 
 

L'atelier pédagogique régional

L'Atelier pédagogique régional est un atelier long de terrain mené par un petit groupe d'étudiants en dernière année à l'ENSP. Par leur compétence de projeteur, ils contribuent à donner une vision aux acteurs du territoire pour les accompagner vers un projet de paysage valorisant les potentialités des sites étudiés dans le cadre du développement de la vallée de la Seine.

En 2015-2016 :
La Seine monument libre - Entre Paris et la Manche, une responsabilité envers l'espace du fleuve

Cet APR est le premier d'une série qui s'étend sur les cinq années du CPIER. Par le recensement des principaux points de vue, des clés de lecture des paysages et de leurs dynamiques, cet atelier a mis en évidence les qualités monumentales de la Seine. Géographiques, historiques, émotionnelles, elles justifient la nécessité d'aménager ses espaces de manière cohérente avec des objectifs communs de transition : l'importance de révéler les valeurs de ce bassin de vie dont l'avenir ne dépend pas uniquement d'une patrimonialisation ni d'une technocratisation, mais d'une complémentarité entre usages contemporains, dynamiques naturelles et culturelles foisonnantes. La Seine, Monument Libre et Vivant, offre une vallée à l'espace limité, induisant une responsabilité illimitée dont chacun des acteurs du territoire doit faire preuve dans chacun de ses projets, et à toutes les échelles.

En 2016-2017 : Des îles aux courtils

Le deuxième APR sur la Vallée de la Seine s'est inscrit sur deux sites pilotes, les îles de la Seine, et le marais Vernier. Ces sites ont été choisis à la suite d'un appel à propositions, dans le souci de donner une continuité opératoire au principe de responsabilité des acteurs à l'égard du Monument libre. L'APR s'est construit à partir de la logique de réseau d'acteurs, et a apporté de nouveaux enseignements à la démarche paysage du CPIER :

  • Le premier travail sur le marais Vernier a permis de construire une nouvelle vision de ce site. L'APR a permis de remettre en question le produit touristique de Route des chaumières dans le contexte de développement durable d'un territoire. Cet itinéraire, mettant en valeur un motif du paysage, celui de la chaumière, s'est ouvert à une diversité d'itinéraires notamment par le mode de déplacements doux mettant en valeur le système de la chaumière, son mode d'implantation sur le territoire, et de se développer en faisant appel à des matières premières comme le chaume, et à des compétences et savoir-faire spécifiques. En réaction à l'homogénéisation de certains paysages en vallée de Seine, l'APR défend aujourd'hui le Pays des chaumières, nouvelle destination touristique qui valoriserait cette architecture pittoresque comme un système d'habiter durable, révélateur d'un territoire productif au cœur de la Normandie.
  • Sur les îles de la Seine, les étudiants se sont appuyés sur l'histoire des îles, de leur formation, des différentes typologies que l'on peut découvrir, et sur leur dynamique actuelle pour poser la question de l'archipel qui fait territoire. Dans ce système, l'épaisseur formée par les îles, le fleuve, et les berges révèlent une relation entre l'eau et la terre, où s'exprime le fleuve. Cet espace fertile, tel un chapelet de petits territoires, questionne l'eau comme liaison, créatrice de ce jardin à grande échelle. L'Archipel, jardin fertile de la Seine, projet commun à l'échelle de toute la vallée, est alors né, soutenu par les différents acteurs engagés pour leur valorisation. Il conduit notamment à révéler, et peut-être à redéployer, les marqueurs d'une agriculture de vallée qui a cédé du terrain, pendant plusieurs décennies, à une homogénéisation des modes culturaux, abolissant la distinction des plateaux et du lit majeur.

Les étudiants ont souhaité transmettre leurs expériences et leurs réflexions de manière régulière sous une forme de mensuel appelé VIA. Nous vous invitons à suivre leur projet en consultant leurs documents sur : https://issuu.com/ecolepaysage.vds

VIA octobre
VIA novembre
VIA HORS SERIE - nov.

 
 
 
 

Le voyage-atelier

En 2016 à Elbeuf
En mai 2016, le Voyage-atelier à Elbeuf est la première action organisée par l'ENSP, acte de naissance du réseau qui vise à défendre la multiplicité des regards comme une force pour un projet de territoire interrégional. Cet événement revient à considérer l'importance de l'action collective dans l'amélioration du cadre de vie des habitants sur tout le périmètre du CPIER, tant sur l'aspect environnemental, qu'économique, politique et esthétique.

Le programme est organisé sur deux jours, proposant d'abord une visite in situ, permettant de rencontrer le site et les acteurs qui y travaillent, puis un second temps en atelier pour étudier les possibilités du territoire. L'idée est de créer un premier laboratoire pour construire un nouvel outil méthodologique croisant les éclairages des "sachants" qui ont la connaissance du site, et les regards "paysagistes" des acteurs invités, suscitant un échange constructif sur les potentialités du territoire Seine étudié et son avenir possible.


En 2017, dans la Manche
Le voyage Cohabiter avec l'eau en 2100 a permis de comprendre puis de questionner les actions locales, départementales et régionales mises en place sur la Côte Est du Cotentin à l'échelle des phénomènes liés aux changements climatiques. L'atelier mobile a parcouru les marais du Cotentin, au large d'Utah Beach, la baie de Seine jusqu'à Saint-Vaast-La-Hougue et l'île de Tatihou pour mieux comprendre comment il serait possible de cohabiter avec l'eau en 2100.

Les 40 participants, acteurs normands et franciliens aux compétences complémentaires, membres du réseau Paysage, ont abordé les problématiques de gestion de l'eau, maritime et fluviales, au regard des grands enjeux climatiques de demain. Ils ont défendu la nécessité d'une interconnaissance des territoires à l'échelle interrégionale, et la présence positive d'acteurs motivés et bienveillants au regard de l'évolution de leurs paysages, qu'il semble important de valoriser et de préserver.

 
 
 
 

L’atelier étudiant et inter-écoles en itinérance

En 2016, le Workshop La Seine à vélo
Cet atelier a permis de toucher un nouveau public, plus large et ouvert, sur la base de questions d'aménagement actuels, celles du réseau de mobilités douces entre la Normandie et l'Île-de-France concrétisé par le projet de "La Seine à vélo". 17 étudiants de 11 établissements d'enseignement supérieur de la Vallée de la Seine ont relié Cherbourg à Paris en sept jours. En tant que futurs professionnels, et futurs touristes, ils ont appréhendé le paysage comme outil de développement et de renfort de l'attrait touristique de la Seine par l'expérience in situ.
Le dernier jour de l'atelier, ils ont restitué leur journal de bord au Pavillon de l'Arsenal pour partager ouvertement leur expérience avec le grand public et les professionnels impliqué dans ce grand projet de territoire.

En 2017 - Le Workshop La Seine sur l'eau

En vue du développement de l'offre de croisières fluviales sur la Seine, l'atelier qui se déroulera du 28 octobre au 5 novembre vise à questionner la notion de tourisme fluvial et maritime, et à percevoir les possibles évolutions du paysage dues au développement de nouvelles infrastructures en bord de Seine. Dans ce sens, les étudiants seront amenés à rencontrer différents acteurs qui travaillent avec la Seine au quotidien pour révéler les usages multiples et les organisations humaines qu'elle a su engendrer sur le territoire.

➢ Exposition ouverte à tous le 4 novembre au soir au Havre.

 
 
 
 

La Rentrée du « réseau paysage »

En 2016 - à la Préfecture de la Région Île-de-France

En 2017 - à AgroParisTech
Le 15 septembre dernier, l'École nationale supérieure de paysage de Versailles (ENSP), en partenariat avec l'Agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine (AURH), a accueilli à Paris différents acteurs parties prenantes du « Réseau paysage de la vallée de la Seine » pour sa deuxième « Rentrée ». Avec près d'une centaine de personnes présentes, cette journée a révélé un intérêt croissant pour les paysages de la vallée et de la baie de Seine et confirmé l'envie de leur donner des perspectives désirables.

Investis à la demande de l'Etat et des régions Ile de France et Normandie dans le contrat de plan interrégional État-régions de la Vallée de la Seine depuis 2015, l'ENSP et l'AURH opèrent conjointement une mission de mise en réseau des acteurs de l'aménagement des paysages séquaniens, à l'échelle des neufs départements concernés. Cette mise en réseau s'appuie chaque année sur la réalisation d'ateliers pédagogiques régionaux par des étudiants paysagistes, des voyage-atelier professionnels, des Workshops interdisciplinaires et inter-écoles, etc.
Par l'échange in-situ, le partage d'expériences et le croisement des regards locaux ou extérieurs, ces actions permettent de conforter une approche des grands projets d'aménagement de la Vallée de la Seine qui s'appuie sur le paysage, dans le temps et à toutes les échelles.
La Rentrée du réseau, ouverte par le Préfet François Philizot, délégué interministériel au développement de la Vallée de la Seine, a été l'occasion de faire un bilan des travaux de l'année écoulée (en particulier l'atelier pédagogique sur les îles de Seine avec le CAUE 27 et sur les paysages du marais Vernier avec le Pnr des Boucles de la Seine Normande, le voyage-atelier sur les enjeux prospectifs de l'eau et du changement climatique sur les paysages séquaniens, et le workshop itinérant sur la Seine à vélo). Elle a permis également de présenter et de débattre de la programmation 2017-18, et de tirer des perspectives avec les représentants des deux régions. La journée a été conclue par la présentation du projet du quartier Flaubert par l'Atelier Jacqueline Osty et Associés.

 
 
 
 

Chercheurs du LAREP impliqués

Mlle Joséphine  Billey

M. Patrick  Moquay

M. Alexis  Pernet

M. Vincent  Piveteau

 
 
 
 

Avec la participation de

Boris Menguy, paysagiste DPLG, chef de projet à l'AURH
Thierry Laverne, paysagiste DPLG, enseignant à l'ENSP
Béatrice Julien-Labruyère, paysagiste dplg, responsable des APR à l'ENSP
Pierre Enjelvin, photographe
Thibaut Guezais, paysagiste DPLG