Thèse de Roland Vidal

 
 

Direction : P. Donadieu
ENGREF

La construction paysagère d'une identité territoriale. Imaginaire et réalité dans une station balnéaire des Côtes d'Armor, Sables d'Or les Pins
Thèse soutenue en 2003

 
 
 
 

Résumé

L'aboutissement, au XIXe siècle, des vastes campagnes de stabilisation du littoral français, a pour effet de rendre disponibles des terrains constructibles à proximité des plages, au moment même où l'expansion de la pratique du bain de mer leur donne une nouvelle utilité. En effet, poussées par l'inconfort croissant des villes industrielles et aidées par l'expansion rapide du chemin de fer, les classes sociales favorisées de l'Europe Occidentale redécouvrent les vertus thérapeutiques et mondaines de la villégiature, d'abord en réinvestissant les stations thermales, puis en s'installant dans ces «villes nouvelles» que sont alors les stations balnéaires.

Celles-ci se révèlent être des opérations immobilières fructueuses pour des promoteurs qui, à la suite du succès de Brighton en Angleterre et de Deauville en France, en construisent par centaines sur le littoral de la Manche et de l'Atlantique puis, plus tardivement, sur la côte méditerranéenne. Implantées sur des terrains particulièrement malléables, donc propices à une «table rase», et organisées dans le simple but d'optimiser la relation physique et visuelle entre les bâtiments d'habitation et la plage, toutes ces stations sont conçues sur un plan d'urbanisme qui tend à être toujours le même : un quadrillage orthogonal appuyé sur le front de mer.

La répétition quasi-systématique de cette forme urbaine rappelle les villes coloniales et le peu de relations qu'elles ont avec le territoire de leur implantation. Malgré une architecture très créative, les stations balnéaires tendent ainsi à se ressembler entre elles, tant par leur forme que par la manière dont elles répondent à une attente sociale unique : la pratique du bain de mer.

Quelques exceptions émergent de cette monotonie et Sables-d'Or-les-Pins en fait partie. Conçue comme une ville-parc de bord de mer, mais établie dans un jeu complexe et abouti de relations avec l'ensemble du territoire de son implantation, elle est l'oeuvre d'un entrepreneur original associé à deux paysagistes. Leur projet ne se présente pas comme une composition posée sur une table rase, mais comme une nouvelle organisation d'un territoire, appuyée sur une bonne connaissance des usages antérieurs et ouverte à des usages à venir.

L'hypothèse que l'on veut vérifier ici est que la mise en oeuvre d'un savoir-faire et d'une sensibilité de paysagiste, dans un projet comme celui de Sables-d'Or-les-Pins, en favorisant des sentiments d'appropriation plutôt que de dépossession, peut contribuer à la construction durable d'une identité territoriale.
 
 
 
 
 
 
 
 
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